Le bateau « Carthage » quitte le port de Marseille, les familles autour de nous parlent en arabe, dans une vingt
aine d’heures nous débarquerons à La Goulette...après deux jours d’autoroute pour rejoindre la côte, nous avons enfin l’impression de partir loin, pour quatre mois d’inconnu...L’idée du voyage nous occupait la tête depuis si longtemps qu’elle nous suffisait presque !


En janvier 97, nous étions partis pour six mois de voyage, sac au dos, en Amérique du Sud. Notre parcours le long de la Cordillère des Andes fut vraiment extraordinaire, mais Eric dessinait déjà des plans d’aménagement de 2CV dans son carnet ! En effet, dépendre des bus et des trains nous imposait un rythme et nous limitait à un itinéraire balisé. C’est pourquoi nous voulions réaliser le prochain voyage avec notre propre véhicule afin d’avoir plus d’autonomie. Le choix de la 2CV coulait de source...nous possédions déjà une berline transformée en cabriolet et la deux pattes regroupait tout ce que nous cherchions : de taille discrète, facile à réparer (N.B : facile pour Eric), capacités étonnantes de franchissement, et surtout une allure qui attire la sympathie ! Six mois de vie sédentaire plus tard, nous avions fait le premier pas en achetant une 2CV AK 400 de 1975 qui s’enfonçait sous la pluie et sa pancarte « à vendre »...s’en suivirent quatre mois de réparations, préparations et aménagements à plein temps pour Eric , de recherche de cartes, de guides ainsi que d’économies.


Nous rêvions tous les deux de faire le tour de la Méditerranée, et surtout sa rive désertique, islamique ou orientale, comme on voudra. La Libye nous attirait car il en parvient très peu d’images en Occident, embargo oblige , et de ce fait le tourisme y demeure quasiment inexistant. De plus, vu la situation algérienne, il s’agit du seul désert accessible facilement. La traversée de l’Egypte augmentant énormément le nombre de kilomètres pour notre 2CV, nous avions décidé de prendre un bateau de Tripoli pour rejoindre directement la Syrie (l’Ambassade suisse de Tripoli nous avait assuré qu’il existait une liaison maritime), puis traverser la Turquie avant de rejoindre l’Europe. Pas d’itinéraire précis donc, mais plutôt une idée générale du parcours avec la date symbolique du Nouvel An comme point final.